Un refuge contre quoi ? Ah… un refuge contre les erreurs des banques centrales. Un refuge contre l’inflation. Un refuge contre les révolutions et les guerres civiles. Un refuge contre les défauts de paiement et les faillites.

L’or est un refuge tout-terrain, toujours vert. Vous avez un problème personnel ? Prenez un verre. Détendez-vous. Parlez à votre confesseur ou à votre barman. Vous avez un problème financier ? Achetez de l’or.

Et voilà Bill Gross, de PIMCO, commentant l’une des choses contre lesquelles l’or est un refuge. Sur Yahoo! Finance :

« Pas de sortie du piège de la dette, dit Gross — le niveau de vie américain condamné à baisser »

« Aux Etats-Unis, les Etats un peu partout dans le pays sont confrontés à un manque à gagner collectif de 125 milliards de dollars pour l’exercice 2012, tandis que le Congrès US doit faire face à un fossé budgétaire près de 10 fois supérieur ».

« Bill Gross, fondateur de PIMCO — l’un des plus grands gestionnaires de fonds d’investissement au monde, qui se concentre en majeure partie sur les obligations — a autrefois déclaré que si les Etats-Unis étaient une entreprise, aucune personne douée de raison ne [leur] prêterait de l’argent. Cette dernière décennie, nous dépendions de ‘la bonté des étrangers’ pour contribuer à couvrir nos dettes ».

« Par ‘étrangers’, il fait référence à nos homologues étrangers, comme la Chine, par exemple. En gros, pendant des années, les Américains ont dépensé leurs dollars durement gagnés sur des biens fabriqués en Chine, et coûtant moins cher. Avec beaucoup de gratitude, la Chine s’est retournée et a utilisé tous ces dollars pour racheter des bons du Trésor US et d’autres actifs libellés en dollar ».

« Mais maintenant, après des années de dépenses imprudentes, le niveau de dette américain frôle le point de rupture, et les Etats-Unis ne peuvent plus se fier aux capitaux étrangers comme dernier recours. ‘Lorsqu’un pays atteint un certain niveau de dette, la confiance dans la capacité de ce pays à rembourser cette dette est en danger’, déclare Gross, qui cite les travaux de Ken Rogoff et Carmen Reinhart ».

« ‘Il n’y a vraiment pas moyen de sortir de ce piège et de cette énigme à ce stade’, déclare Gross. Du point de vue de l’investisseur, son conseil est de rester loin des ‘obligations libellées en dollar’ et de ‘se méfier de la hausse des taux d’intérêts à venir’. »

▪ En attendant, le piège de la dette se fait de plus en plus profond. Voici le Washington Times avec les dernières nouvelles :

« Le gouvernement fédéral [américain] a publié le plus profond déficit mensuel de son histoire en février, un manque de 223 milliards de dollars qui souligne clairement le combat actuel au Congrès sur l’ampleur des coupes dans les dépenses cette année ».

« Ce chiffre sur un mois, provenant d’un rapport préliminaire du CBO, écrase même les réductions les plus importantes envisagées par le Congrès, et met en relief le travail que doivent faire les législateurs pour remettre les finances gouvernementales d’aplomb ».

« Le Sénat prévoit de voter mardi sur les diverses propositions de réduction des dépenses, mais les démocrates ont rejeté les réductions de plus de 50 milliards de dollars, tandis que les républicains ont exclu les réductions proposées par les démocrates, inférieures à 10 milliards ».

« Les deux côtés doivent se décider avant le 18 mars, date où la loi de financement actuelle expire. Sans nouvel accord de dépenses d’ici là, le gouvernement devrait fermer ».

Voyons voir. Qu’il ferme ? Oui, ça semble une bonne idée. Verrouillez les portes. Eteignez les lumières. Envoyez les zombies à la maison.

Mais attendez… le FBI et les services de sécurité fermeraient eux aussi. Et le fisc.

Eh bien, magnifique ! Quelle opportunité ! Les Américains qui voudraient tricher sur les impôts, tuer quelqu’un, dévaliser une banque ou faire exploser un bâtiment fédéral peuvent se préparer — ce sera l’occasion ou jamais.

Mais pourquoi se donner tant de peine ? Les autorités US causeront assez de problèmes toutes seules. Les autorités ont dépensé 233 milliards de dollars de plus que ce qu’elles ont encaissé le mois dernier. Multipliez ça par 12. Non, attendez, même pas besoin d’une calculatrice. Ça fait plus de 2 000 milliards de dollars. A bien y réfléchir, l’effondrement du gouvernement pourrait être la seule manière de nous en sortir.