L’organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a récemment annoncé que la production mondiale de blé devrait augmenter de 3,2% en 2018 pour passer à 674 millions de tonnes. Ce chiffre reste cependant encore légèrement inférieur aux récoltes de 2017. Cette récente estimation de la FAO pourrait-elle ralentir la hausse, voire faire baisser le prix du blé ?

Plus de 60% en quelques mois

Depuis un an, les prix ont presque doublé. Le cours du blé de meunerie à Paris se négocie désormais 200 euros la tonne. Nous sommes encore loin du record de la dernière décennie lorsque le prix de la tonne de blé de meunerie avait atteint 290,5 euros. La tonne d’épeautre, ancêtre du blé qui est utilisé dans l’agriculture bio, risque cependant de dépasser ce seuil dans les prochains mois.

Or la croissance de la consommation de la céréale n’est pas près de ralentir. « La consommation mondiale de blé a été multipliée par quatre en l’espace d’un demi-siècle, passant ainsi de moins de 150 millions de tonnes consommées en 1946 à plus de 600 millions de tonnes en 2005″, explique la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED). « Parmi les facteurs qui tirent la consommation de blé vers le haut, la croissance démographique ainsi que la migration des populations des campagnes vers les villes où le blé est davantage consommé, sont à mettre en exergue« , ajoute-t-elle.

Vraisemblablement, la demande pour le blé reste toujours supérieure à sa disponibilité au cours des dernières décennies. Cependant, son prix avait enregistré de lourdes baisses entre 2015 et 2016.

Pourquoi le blé dépend du pétrole ?

Il existe une forte corrélation entre les cours du blé et ceux du pétrole. Si l’on tient compte de l’inflation, le prix du blé avait atteint un record absolu en 1974 avec 650 dollars la tonne. Le crash pétrolier des années 70 était la principale raison de cette fièvre haussière. Lorsque le prix du pétrole monte, les coûts de production et de récolte du blé suivent. C’est la rançon de la mécanisation de l’agriculture.

Selon les récentes prévisions de Goldman Sachs, le prix du baril pour l’année 2018 ne dépassera pas le seuil des 80 $. En revanche, la Banque américaine estime que le prix du baril pourrait franchir les 100 $ dès 2020. Considérant la corrélation entre le cours du blé et du brut, le prix de la céréale va probablement poursuivre sa hausse sur les deux prochaines années malgré l’augmentation de la production.

La constante croissance démographique de la population mondiale conjuguée à une hausse du prix du baril devrait entraîner une hausse du prix de la tonne de blé dans les deux prochaines années.

Comment en profiter ? Avec les prix à la hausse, les exploitants investissent pour augmenter les rendements. Misez donc sur les semenciers, tels que le français Vilmorin, et les fabricants d’engrais tels que l’allemand K+S.